mardi 22 janvier 2008

Du siècle des lumières au XIXe siècle

Certains historiens avancent la théorie que le dix-neuvième siècle commence réellement en 1789, date de la Révolution française, point de départ de grands bouleversements politiques qui changeront radicalement la face du monde occidental.

C’est évidemment le dix-huitième siècle qui a engendré la Révolution, et la pensée des grands philosophes qui l’habitèrent – Voltaire, Diderot, Montesquieu, Rousseau – qui la modela. L’idée d’une société plus juste, libérée de cet ordre hiérarchique que lui impose la monarchie depuis le Moyen-Âge, fait son chemin. L’individu est à considérer comme libre citoyen, possédant des droits inaliénables. La conception du monde change, et les grands intellectuels du dix-huitième siècle, qui portent le projet de l’Encyclopédie, cherchent à trouver des lois générales, des formules totalisantes qui permettraient à tous d’accéder au bonheur. L’ère des – ismes est inaugurée.

Mais l’Europe attendra longtemps une démocratie véritable, et le processus qui l’engendrera sera violent et douloureux. Le dix-neuvième siècle français est celui qui verra le plus de changements de régimes politiques, sept au total, donc le plus grand va-et-vient entre démocratie et monarchie. D’un jour à l’autre, le gouvernement en place tombe : l’insécurité est partout, et elle s’étend à l’Europe entière, que l’envie de la démocratie enflamme. Les idéaux des uns représentent une menace pour les autres ; les rêves des uns commandent pour être réalisés la mort des autres.

Toutefois, comme la bourgeoisie - de plus en plus nombreuse, de plus en plus riche - devient avec les siècles plus puissante, la révolution se fera, et elle sera double : politique, et industrielle. Politique, elle verra la rédaction de la Charte des droits de l’homme, l’apparition du suffrage universel, l’abolition des privilèges de classe. Et industrielle, car le siècle est mouvementé au plan technique et scientifique. L’apparition du travail à la chaîne modèlera notre ère contemporaine, celles de la machine à vapeur, de l’électricité, du téléphone et du cinéma engendreront une nouvelle façon de vivre dans une société axée de plus en plus sur la consommation.

Le progrès et le mérite personnel seront les notions-clé du dix-neuvième siècle. La naissance n’est plus déterminante pour qui que ce soit, ce sont plutôt les actions qu’il posera qui lui assureront un rang, fragile, et toujours à jalousement conserver, dans la société. La foi en une humanité se dirigeant nécessairement vers des lendemains meilleurs guide aussi les actions des hommes qui investissent dans la production de masse ou qui s’impliquent en politique : capitalisme, socialisme, communisme, fascisme, toutes ces manières de penser seront confrontées les unes aux autres, dans un seul et même but, celui d’une société meilleure, utopique.