mardi 18 mars 2008

De la belle époque aux années folles

Adapté de Michel Laurin, Anthologie littéraire et de Céline Therrien, Anthologie.

La période appelée la belle époque est associée au tournant du dix-neuvième et du vingtième siècle en Europe.

Un moment de l’histoire où insouciance et enthousiasme semblent être les mots d’ordre.

La situation politique européenne repose sur un équilibre fragile dont Bismarck est l’artisan. La conférence de Berlin de 1890 a divisé l’Afrique entre les pays colonisateurs, au dépens des populations africaines, et au profit de la stabilité politique européenne.

La démocratie, dont le vent parfois violent a soufflé sur l’Europe au dix-neuvième siècle, semble être devenue une réalité dans plusieurs pays occidentaux.

Les découvertes scientifiques et technologiques du siècle précédent sont sources de joie et d’évolution des moeurs, des habitudes de la société, qui avaient déjà commencé à changer. La bourgeoisie, confortablement assise sur ses acquis, profite de la vie. Photo, cinéma, premier Tour de France, le progrès est triomphant et la vie intellectuelle de la France élitiste est très active et depuis les symbolistes, on pense que le langage, au lieu de seulement refléter le monde, contribue à sa construction.

On cherche l’innovation, et les avant-gardes qui se succèderont au vingtième siècle seront héritières à la fois de cet enthousiasme pour la nouveauté et de la tragédie qui suivra les années paisibles du début du siècle, à savoir la Première Guerre mondiale.

LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918) et l’entre-deux-guerres

Soixante-cinq millions de soldats sont mobilisés pour participer à cette hécatombe que sera la Première Guerre mondiale, et huit millions d’entre eux y laisseront leur vie, en plus de 10 millions de civils, victimes des bombardements, des combats.

La guerre marquera très profondément les esprits et les réactions des gens suivront deux ordres de pensée :
D’une part, certains voient dans la barbarie de la guerre la faillite de la manière occidentale de penser et d’agir dans le monde. On y voit l’échec des valeurs humanistes.
D’autre part, certains tentent d’oublier les horreurs de la guerre et ses débordements en s’amusant ferme, en faisant la fête : celle-ci se substitue à l’héroïsme.

Ces années où on recommence à prendre tout à la légère s’appelleront les années folles, et elles seront notamment marquées par une influence de la culture américaine sur la culture européenne occidentale, et de la manière de penser à l’américaine : l’american dream devient le rêve de tous. Le mythe se répand, on croit que tout homme de bonne volonté peut faire fortune aux États-Unis.

Les années folles sont une période de libération des moeurs, notamment de celles des femmes : la mode est à la jupe courte, aux cheveux coupés à la garçonne, au charleston et bientôt, avec le disque qui se répand, au jazz.
Le cinéma, dès 1927, n’est plus muet, et c’est cette même année que Charles Lindbergh effectue le premier vol sans escale entre l’Europe et le sol américain, ce qui lui prend 33 heures et demie.

Au plan politique, l’entre-deux-guerres est une période difficile de l’Europe parce que sa population assiste à la montée en puissance des régimes fascistes en Occident (pensons à Hitler en Allemagne, à Mussolini en Italie et à Franco en Espagne), et à celle des régimes communistes à l’Est. En 1929, le krash boursier de New-York (causé par une trop grande spéculation boursière que les marchés ne pouvaient absorber) ébranle les marchés et son onde de choc se répand, ruinant des milliers de gens ( en France, le nombre de chômeurs passe de 1,5 millions à 12 millions en trois ans, pendant la dépression économique qui suit le krash).